Le secret de la Licorne (par Spielberg)

Comment23 décembre 2011 à 20:48

Quand le réalisateur phare de sa génération se remet à faire des bonnes pellicules…

 

Le dernier Spielberg est un divertissement de haute volée, sans aucun temps mort, et dont la cohérence avec le reste de sa filmographie ne fait aucun doute.

- critikat.com

 

Spielberg arrache « Tintin » à l’aplat et la ligne claire pour le catapulter dans une malle aux trésors numériques à multiples fonds. Virtuose.

- Les inrockuptibles

 

Un divertissement haut de gamme où le talent naturel des artistes en place suffit à convaincre.

- Excessif

A contrario de Code Source, Tintin ne m’inspirait pas outre mesure. Nous avons probablement tous lu quelques albums de Tintin, et pour être honnête, le héros n’a rien de rock’n roll. Mais n’écoutant que les bons avis d’Alias et d’Eric Nieudan, me voilà à nouveau avec des lunettes 3D sur le nez, un mal au crâne trainant et une bonne envie de faire une sieste. Et pourtant, les images m’ont tenu en haleine du début à la fin. Même la 3d, pour laquelle je n’ai guère d’amitié, m’a séduite. Je n’ai pas encore été voir les procédés techniques qui ont été utilisés pour obtenir le rendu graphique, et ne vous balancerais pas les termes techniques de rigueur, mais pour retrouver le langage de la rue : « ça claque ».

Au-delà du défi technique, il faut saluer un passage par des scénaristes compétents, qui non contents de produire un screeplay des plus efficaces, réussissent à rendre chaque personnage humain et attachant. Evidemment, Milou bat Finaud (Inspecteur Gadget) sur le terrain de l’intelligence faite chien, il est d’ailleurs un acolyte de choix autant (voire même plus) que le capitaine Haddock). Ses prouesses émerveillent, et là pour le coup se servent de l’imaginaire commun pour nous servir l’archétype du héros chien dans toute sa splendeur. Quant au capitaine aux mille millions de mille jurons, c’est la première fois que j’arrive à aimer son personnage. Alcoolique manipulé et serial looser, il va se transmuter à la rencontre de Tintin et battre tous ses vieux démons : le whisky bien sûr, mais aussi la peur de l’échec et le fatalisme. La qualité de la synthèse et des yeux particulièrement évocateurs font passer de puissantes émotions, et sa voix en VF m’a embarqué à bord.

Côté rythme, oubliez les lancinantes enquêtes du reporter pour les standards d’aventure de Spielberg. Comme dans beaucoup de films à licence, on peut regretter certaines poursuites un peu extravagantes qu’on sent « faites pour le jeu vidéo », impression renforcée par l’aspect du film d’animation déjà virtuel. L’ensemble convainc, emballe parfois, peine de temps en temps, mais propose toujours du bon spectacle. La troisième dimension est au rendez-vous et donne du relief de manière subtile.

Comme quoi, malgré les derniers avis blasés de ce blog, je peux encore apprécier les oeuvres qui le méritent. Le tandem de production Spielberg/Jackson a fait des merveilles avec la licence Tintin. Et Jackson semble être définitivement l’homme qui sait adapter les licences qu’on pensait inadaptables. Qui aurait parié ses dollars sur un nouveau film sur Tintin, qui plus est venant d’Hollywood ? L’essai est transformé. Si vous avez des réticences légitimes à croire qu’il peut vous plaire, en égard à votre passif avec le héros à la mèche rebelle, oubliez le héros, et pensez juste à ne pas rater un très bon film d’animation.

En attendant sa sortie sur galette, relisez la BD !

 

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