Les lames du Cardinal
Avec son nouveau roman, Pierre Pevel persiste dans une fantasy teintée de roman historique, et ce parfois assez fortement selon les domaines concernés par telle ou telle information.
Les mousquetaires ont souvent eu les honneurs d’œuvres romanesques depuis Alexandre Dumas, avec tout aussi souvent les gardes du cardinal toujours prêts à revêtir la casaque du mauvais rôle.
C’est donc déjà un certain changement qu’instaure là l’auteur, avec pour point de départ la reformation du corps le plus célèbre de ces gardes, les Lames. Et il faut bien dire qu’on y croit. Pevel a su retrouver tout le sel de romans prenant pour cadre cette période, que l’on se place du point du point des descriptions ou des dialogues, clairs et vifs.-elbakin.net
« À bout de souffle » est une phrase assez bien choisie pour décrire l’atmosphère du roman. L’action sera omniprésente et de plus celle-ci sera très violente. C’est à ce moment-là que l’effroi rentrera en jeu puisque nous aurons réellement peur pour nos personnages favoris, ceux qui composent Les Lames du Cardinal. Ces personnages seront continuellement menacés et entre deux eaux. Leur relation renfoncera notre attachement envers eux. Leurs échanges seront parfois teintés de rire, de tension et surtout de bravoure. Tous seront de fiers combattants à la rapière agile. Cependant, les – supposés – méchants auront également quelques choses d’attachants. Mais je n’en dirais pas plus puisqu’il vous faudra découvrir par vous même ces nombreux personnages – tous tonitruants – dans Les Lames du Cardinal. D’autre part, au gré des pages tournées nous croiserons des personnages tels qu’Athos, Rochefort ou M. de Tréville. Ces rencontres seront pour le lecteur avisé un réchauffement sentimental puisque si vous avez aimé lire les Trois Mousquetaires une nostalgie littéraire étreindra votre cœur.
- scifi-universe.com
Oui, Pierre Pevel a réussi à mettre en forme un roman de cape et d’épée, dans le sens noble du terme. Oui, il a aussi réussi à le rendre aussi passionnant et mieux à y ajouter sa touche fantastique. Oui, les dragons sont à la mode et alors ? Il y a les dragons et la façon de les insérer dans le récit, de leur donner un rôle et ici, aussi, de créer tout un arrière-plan qui fait qu’on ne pense pas à mettre en doute la « vérité historique » altérée. Ah, l’idée de la ranse… bien trouvé… (Non, je ne dirai pas ce que c’est ! Même sous la torture !)
A le lire, on ne peut nier son profond amour de Dumas, du 17ème siècle, de Paris à cette époque, des exploits, des bandits de grand chemin…
- phenixweb.net
Si, comme moi, vous êtes passés à côté des Lames du Cardinal, de Pierre Pevel, et que par le tintamarre qu’on fait autour (notamment à cause de la sortie d’un jeu de rôles basé sur ce roman par les éditions Sans Détour), l’existence de ce livre vous est récemment parvenu, foncez l’acheter.
Les lames du Cardinal campent des soldats de puissants, doués avec une rapière et un mousquet, et ayant de surcroît quelques talents supplémentaires et des années de service plutôt glorieux. Le Cardinal en question est bien Richelieu, à l’époque de Louis XIII, mais pour une fois, il n’est pas l’ennemi à qui on aime chercher des noises. Bien qu’émaillé de nombreuses références historiques, le monde des Lames est imaginaire, et met en scène des vieux dragons qui essaient de gouverner le monde par le biais de sectes séditieuses regroupées pays par pays sous le nom de la Griffe Noire. Mais aussi bien l’influence des dragons que l’intrigue principale visant à retrouver un mystérieux exilé politique espagnol passent en second plan devant le thème principal de ce premier opus : la reformation des Lames du Cardinal.
Jadis dissous au cours d’une mission qui a mal tourné, ce groupe de soldats au service du Cardinal va tout en se reformant se dévoiler, montrer chaque personnage à la fois seul et dans le groupe, et ainsi donner envie à de nouvelles aventures. A la manière des équipes de super-héros, le roman passe la majeure partie de ses pages à nous parler de chacune des « Lames », tout en faisant progresser, assez lentement avouons-le, l’histoire. Tronçonnée en paragraphes parfois très courts, Pevel multiplie les scènes en changeant de personnage dès qu’il en a besoin. Le fil se suit de manière extérieure, l’objectif n’étant pas d’opposer des points de vue différents, mais plutôt de multiplier les caméras pour suivre une petite dizaine de protagonistes à la fois. Et c’est dans cet exercice que le goût de l’auteur pour les descriptions va vite s’avérer difficile à suivre pour le lecteur : non content de devoir retenir le nom et les interactions de chaque personnage, chacun est décrit de pied en cape, avec un soin particulier accordé aux vêtements, si bien que la mémoire du lecteur peut vite lâcher du lest si la concentration n’est pas optimum. Voire devenir un brin agacé par la répétition dans l’écriture de cette structure répétée du paragraphe de description sitôt le nom du protagoniste lâché.
C’est néanmoins le seul reproche qu’on puisse faire au registre très maîtrisé de Pevel. Assez classique dans son style, il n’en demeure pas point brillant dans l’exercice qui consiste à moderniser l’héritage dumasien. Et joue la bonne carte en redonnant à Richelieu son rôle d’éminence nécessaire pour le bien du Royaume. Car si l’on croise Athos ou de Tréville au fil des pages, c’est bien le quotidien politique du Cardinal dont on traite, et d’hommes prêts à servir de grandes causes sous le seing de l’homme de robe. Pour nous autres français, souvent condamnés à des mousquetaires plus combattifs qu’avisés et plus pitres qu’instruments du pouvoir, le retour aux sources met du baume au coeur. L’auteur, rôliste à ces heures, relève fièrement la plume pour renouveler un genre autant adoré que délaissé dans l’hexagone. Si vous lui pardonnez sa mise en place un peu longue, au profit de l’introduction d’une équipe de choc, ce roman devrait vous divertir, et faire remonter de vieux souvenirs chauds et toujours prêts à croiser le fer.
Bruizarium
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